Faune, Nature et Voyages

jeudi 19 juillet 2018

Alaska 17: DIPNET

Dipnet

Maison historique transformée en café
Une belle journée s’annonce encore. Le soleil éclaire et réchauffe l’atmosphère. Daniel reste au camp et taquinera le saumon dans la rivière Kenai qui passe sur le terrain. Avec Hélène et Lise nous partons passer la journée à Kenaï situé à quelques kilomètres de Soldotna, juste à l’embouchure de la rivière.
Chapelle historique

Une visite dans le vieux Kenaï a été favorisée dès notre arrivée. La chapelle sous influence russe frappe dès notre arrivée. Quelques vieux bâtiments, tous fermés aux visiteurs restent les témoins d’un passé pas si lointain. Pas que je suis si vieux que cela mais ils datent de ma naissance.

De la falaise du parc Municipal nous apercevons à l’entrée de la rivière, sur la plage tout en bas, beaucoup mais beaucoup de gens. Ils ne sont pas là pour prendre du soleil ou se baigner. Des jumelles nous confirment qu’ils pêchent.

Pêcheurs à l'embouchure de la Rivière Kenaï
Nous trouvons le moyen de s’y rendre et là nous assistons à toute qu’un spectacle si l’on peut dire.
Pêcheurs et leur puise
La puise

La pêche au « Dipnet » vous connaissez ? Vous connaissez certainement la puise dont on se sert lorsque nous avons attrapé un gros poisson à la ligne. On s’en sert alors pour puiser le poisson afin de ne pas le décrocher lorsqu’on le sort de l’eau. Ici, les résidents on fabriqué une très grande puise, environ quatre pieds de diamètre à laquelle ils ont ajouté un très grand manche. Lorsque le saumon fait son entrée dans la rivière, les pêcheurs munies de longues bottes s’avancent dans l’eau, posent à la verticale cette puise et attendent que le poisson y pénètrent et s’y prennent.

Pêcheurs au Dipnet
Pêcheurs et Dipnet
La prise
Cette technique n’est applicable que par les résidents. Ils appellent cela : pêche de subsistance. Chaque famille a un droit de possession de 65 saumons. Lors de la montaison, c’est fête au village. On envahit les plages à l’entrée de la rivière, on s’y installe avec des tentes, d’autres y viennent tous les jours. Chacun à sa longue perche. La poignée est adaptée à chacun d’eux. 
La prise

Les captures
Le filetage
La famille au complet y participe. Dès que l’enfant est assez grand pour tenir la perche et s’avancer dans l’eau, il est présent. La zone d’entrée étant courte, chaque pêcheur profite de tous les centimètres mis à sa disposition si bien qu’ils forment une longue ligne serré sur la berge.

Derrière eux ça s’active. Une fois le saumon capturé et placé dans un traineau empli d’eau ou dans des chaudières, chacun y va de son installation pour le fileter sur place. Ça va des tables très sophistiquées à la simple planche à repassée. Les goélands participent à la fête et profitent eux aussi de cette manne.  

Nous laissons la place, débités un peu, tout cela au nom de la subsistance.

Marée basse, les puises en attente de la reprise

Le retour

lundi 16 juillet 2018

Alaska 16: LA PÊCHE

La pêche


Je vous avais dit, le premier voyage a été cancellé et nous avons du prendre une deuxième réservation cette fois en combo, le flétan et le saumon.
Le Sundy

Daniel était bien excité et avait bien hâte à cette sortie, il s’en promettait et moi j’espérait bien avoir du poissons frais dans mon assiette.

Cinq heures du matin, le cadran sonne, pourquoi le poisson doit-il mordre si tôt. Rôtis et café sont vite pris, Daniel est devant et prêt. Sur le quai, nous sommes les premiers, le départ est à 06h00. Les autres clients arrivent, nous sommes une quinzaine. Le capitaine se présente, nous invite à bord.

Brouillard, droit devant
Petites îles dans le brouillard
Matelot monte les lignes
C’est un gros bateau de pêche converti pour le charter, le Sundy. Le capitaine un jeune est assisté de sa sœur et d’un autre jeune. Réunis à l’arrière, il nous fait ses recommandations, on prend chacun nos places, quelques uns à l’intérieur, d’autres à l’extérieur. Le moteur ronronne, de la fumée s’en échappe et laisse une petite trace dans le sillage du bateau. Pour ceux à l’extérieur, pas question de s’exposer. On reste à l’abri, l’air froid de la mer nous interdit de s’exposer sur le pont arrière.

Les hameçons
Devant une légère brume nous cache la destination, nous en avons pour 02h30 avant d’être arrivé sur les lieux. On suit la rive à quelques kilomètres, passons dans à travers de petites îles. Je visite le capitaine juché sur son haut banc. Le radar est ouvert et ballait le champ devant lui, un cellulaire dans la main du capitaine lui montre une carte météo. On annonce de bon vent dans certains secteurs, il choisi sa route et son emplacement afin de les éviter. En traversant une pointe, on rencontre la marée, un bon clappotti brasse le bateau, l’eau emporté par la brise atteint le pont. C’est passé, le calme revient.
Préparation des appâts

Nous sommes rendus sur le site de pêche. Le capitaine a choisi de nous faire débuter par le saumon. En montant les deux matelots ont travailler à monter les cannes à pêche et à préparer les appâts. Le moteur s’arrête, tout le monde se choisit une place et sur l’ordre du capitaine on jette les lignes à l’eau. Sur le pont, il crie, 40 pieds. Son radar lui indique la profondeur du banc de saumons. Le bateau, lui, ouf, il tangue, une fois d’un côté, revient à lui et tangue de nouveau sur l’autre côté. Une énorme houle venu du large provoque ce houli, Tiens je vois un déjeuner flotter.

Le capitaine continue sa surveillance, il crie Rock Fish, le banc de saumon est passé, il voit au fond cet autre espèce qui préfère les profondeurs, on doit descendre les lignes tout au fond. Il crie de nouveau, c’est terminé. Plus rien sur son radar. Il déménage, arrête de nouveau et la manœuvre recommence. Les coffres attitrés à chaque groupe s’emplissent de saumon et de roch fish. Sur le bord du bateau, les invités jiguent sans arrêt, un poisson au bout de ligne, on tourne le tourniquet, le poisson monte, on crie Fish In, un matelot avec un filet monté sur un grand manche cueille notre saumon. On lui indique le numéro de notre boite. Après avoir déménagé quatre à cinq fois, les coffres sont à demi pleins.

Flétans et saumons

Le capitaine vient à l’arrière et nous annonce : Il est midi, on entre les lignes, prenez un lunch nous changeons de secteurs, 45 minutes de navigation puis ce sera la pêche au flétan.

À l'arrière, matelot préparant le café

Café chaud et sandwichs remet les invités en forme. Nous voici au flétan. Le capitaine nous indique la façon de faire. Au bout de nos lignes un poids de quatre livres sert de lest. Un ou deux harengs coupés en deux percés par deux gros hameçons. On doit déposer le tout au fond attendre quelques secondes et remonter le tout. Ou encore s’il l’on sent que notre lest traîne dans le fond, c’est parce que le flétan mange notre appât. On doit alors mouliner immédiatement le plus rapidement possible pour garder une tension sinon le poisson crache notre appât et on le perd. Pas évident à ressentir.

Filette le flétan
Nos avant bras chauffe, un petit douleur apparaît, malgré la fraîcheur notre corps réchauffe, notre souffle diminue, le plomb arrive à la surface et suivi par un gros flétan, on crie : fish in, un matelot avec une longue gaffe le transperce et le monte à bord. C’est notre premier flétan. Il le mesure et il dépasse la grandeur minimum. On le garde et il nous dit, mon le prochain il doit être en bas de cette mesure. C’est que notre permis nous donne accès à une grosse prise et à une petite prise.
Le Capitaine dans sa cabinre
Nos escortes
Plusieurs en sorte un second, cette fois, pas de gaffe, un matelot le décroche, le mesure, trop gros, il est remis à l’eau devant un client ébahi de perdre une belle capture. Le manège continue. C’est terminé. On entre tout et on se dirige vers Homer. Les deux matelots commencent alors à fileter le poisson. Le bateau arrête le capitaine s’informe de ceux qui n’ont pas leurs deux autres flétans. Nous sommes quatre, vous avez encore une dernière chance aller à babord il y quatre lignes à l’eau. Cette fois ils nous aident à le ferrer, on le remonte. Chacun à son cotas. On repart.
L'entrée au port de Homer

Il est 17h00 à notre arrivée, Daniel n’a pas repris ses couleurs, il est encore vert. Lise et Hélène on dégustée leur diner à la crêperie de la vielle ville. Ce soir nous mangeons du flétan frais, très frais. Daniel reste étendu dans son lit. Il cherche ses couleurs.

Repas du soir: Flétan

Alaska 15: L'OURS BRUN

L'ours brun


Départ Adventure Air Ways
J’avais dis que je vous raconterai comment c’était compliqué regarder un ours. Je suis au comptoir pour ma réservation de transport vers le site d’observation de l’ours bruns. La compagnie choisie est Adventures Air Ways. La demoiselle au comptoir était d’une gentillesse rare et m’explique la procédure.

D’abord elle me pèse et me pose ensuite une question : est-ce que 10 livres est suffisant pour votre équipement ? Je réponds : Non, j’ai deux caméras montées l’une avec une 600mm et l’autre avec une 300mm. Monsieur, vous ne pouvez apporter qu’une caméra. Oups, la discussion s’entame ensuite avec elle, laquelle choisir. Je pensais à la 300mm mais elle me conseille la 600mm et elle semblait savoir ce dont elle parlait. On a conclu que j’apporterais les deux et le pilote décidera. Toute qu’une décision quand on ne connaît pas le terrain. Le bagage doit absolument aller dans la soute. Nous devons avoir rien sur nos genoux.
Ranger en conférence
Tableau du sentier

Aucun aliment sur nous, même pas des peanuts dans les poches, rien du tout. Je pars à 14h00 et revient à 21h00. Là bas, je dois marcher sur un trottoir pour environ 1 mile afin de me rendre à un plate-forme. Pas droit au trépied, peu de déplacement de ma part, trop de monde. Pas de poivre de cayenne, aucune arme, pas de couteau. Des rangers sont partout pour surveiller. Toute qu’une affaire.

Mon diplôme
J’avais réservé pour vendredi avec Stanby pour jeudi. Vendredi on annonçait de la pluie. J’ai eu un téléphone, j’embarque le Jeudi à 14h30. Un Cesna 185 avec un super pilote, deux américains du Minnesota, Tim et Patricia nous volons vers le Katmaï National Park. Le nom devrait vous dire quelques choses. Le National Géographique en fait souvent des reportages.

Une heure trente de vol, nous passons au dessus de l’océan avec ici une île volcanique et là une chaîne de montagnes, tous blanches. Elles sont à 6 000 pieds, l’avion elle, est à 7500 pieds. Dans la cabine, malgré le soleil on sent de la fraîcheur. Nous rejoignons la terre, on la voit à peine par les quelques trous laissés par les nuages. Un trou, l’avion y plonge, une rivière, la Katmaï, un lac, sur la plage droit devant, plusieurs hydravions. On s’y jumelle. Le pilote nous conduit à centre d’enregistrement et nous passons avec un ranger dans la salle de présentation.
Pêcheurs dans la rivière Katmaï

Dans un anglais parfait, mes nouveaux amis et moi suivons un cours détaillé à savoir où circuler dans le parc, où s’arrêter, où manger, où déposer notre nourriture et surtout comment se comporter avec les ours. À la fin nous recevons la pine des diplômés.
Saumons au fond de la rivière
Sorti de la salle, on est prêt et tous les trois on s’engage dans le sentier menant aux chutes, 1,2 mile de marche. On passe devant des cabines, devant la salle à manger, eh oui des touristes peuvent y passer un séjour. Nous croisons la rivière que l’on doit traverser sur un poncelet muni de barrières à chaque extrémité, on ne peut arrêter.

Porte d'entrée de la plate-forme
Quelques pêcheurs lancent leur mouche, dans l’eau très claire, le fond bouge, les saumons le couvrent entièrement, du jamais vu en réalité pour moi.

La plate-forme
Le sentier, très beau, nous amène vers un embranchement nous indiquant la chute. Au sol, on doit faire attention de ne pas se souiller les semelles sur de gros tas laissé par les ours. De chaque côté on devine aisément les endroits où ils circulent. Soudain, juste à côté, dans l’herbe haute, un gros brun, repus d’avoir trop mangé, dort les quatre pattes en l’air. Une image ou deux on passe. Plus loin c’est une mère avec deux jeunes, ou plutôt des ados qui se chamaillent. Que tu le veuilles ou pas, nos battements cardiaques augmentent un peu.
Des pêcheurs à quatre pattes
La chute
On traverse une porte, on s’engage sur un trottoir, plus loin une autre porte plein hauteur et grillagé. On doit s’enregistrer à un ranger, on avance, on entend la chute, la plate forme, pleine de monde, on est arrivé. Par dessus les têtes, je vois mon premier ours. Je m’étire un peu, je compte, 11 ours sont devant moi. Comme à la télévision, je me suis dit.

Depuis des années et c’est souvent transmis par génération, chaque ours ici a sa technique de pêche et sa place favorite. Gare à celui qui veut s’en emparer. Vous avez déjà vu la femelle ours qui se place en haute de la chute et qui les attrapent en vol. Elle était là, et nous en a fait une démonstration. Mais la meilleure, c’est le mâle

Elle a le choix

Son repas
dominant de la place. D’abord il est énorme et imposant quand il arrive il marche comme un empereur, ils se tassent tous. Lui, il se rend au pied de la chute, là où le courant est le plus fort. Il s’assoit dans le fond, il a de l’eau jusqu’au cou. Ils ouvrent les pattes de devant et attend que le saumon, emporté par le courant lui frappe la poitrine. Il n’a qu’à les cueillir. C’est chacun sa méthode. Mais chose certaines ils en mangent des tonnes.

La patience
Ranger
Je repasse la barrière, le Ranger efface mon nom. Je marche lentement vers la plage. Pas fait de rencontre, mais à chaque pas je me demandais qu’elle serait ma réaction ? Je ne saurai pas, je n’en ai pas rencontré.
Table de pique-nique entourée d'une clôture électrique

Le pilote, bien assis, nous attendait patiemment. Grand sourire, il s’informe de nos rencontres, on rembarque dans l’avion, on s’envole. Le retour s’est fait en silence, chacun avec la tête pleine de beaux souvenirs.